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 Circoncision/Excision

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Yacoub

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Date d'inscription : 04/04/2016

MessageSujet: Circoncision/Excision   Mar 26 Avr - 10:25

En France aussi, l'excision est une réalité






Binta Diallo et Anita Traoré, deux jeunes Françaises d'origine guinéenne, militent pour que l'on parle de l'excision à l'école, pour briser le tabou et ainsi anéantir cette pratique qui touche encore 53.000 femmes et filles en France. Leur pétition a été signée par plus de 100.000 personnes, poussant la ministre de l'Education à leur répondre.
© DR En France aussi, l'excision est une réalité
C’est avec beaucoup de pudeur, surmontée par son engagement, qu’Anita Traoré nous a parlé de sa lutte contre l’excision, et de son expérience personnelle. Cette jeune femme de 24 ans, française originaire de Guinée, a elle-même été victime, à l’âge de 8 ans, de cette mutilation génitale féminine (MGF) qui touche quelque 53.000 femmes en France et 200 millions dans le monde. Tout comme ses sœurs, et ses cousines. Sa mère n’était pourtant pas pour. Mais les traditions ancestrales ont la vie dure… Pourtant, à force de détermination, les mentalités évoluent. Cette militante en est l’exemple incarné.

Anita Traoré a fondé, en avril 2014, l'Association Chance et Protection Pour Toutes. Un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps. «Je voulais créer une association qui se bat pour les droits des femmes, contre les violences qui leur sont faites. Les MGF mais aussi le mariage forcé, les viols, le harcèlement de rue… », nous a-t-elle expliqué. C’est ce qu’elle a fait. Aujourd’hui, elle rencontre des victimes, et fait de la pédagogie, de la prévention dans les écoles. Evoquer sa propre expérience n’a pas été naturel. «C’est difficile d’en parler, reconnaît-elle. J’ai eu beaucoup de mal à le faire au début ; moins maintenant. Parce qu’il faut le faire, sinon comment les gens peuvent se rendre compte ?»

Les complications liées à l’excision sont quotidiennes


«Les complications liées à l’excision sont quotidiennes», souligne-t-elle, évoquant des «douleurs pendant les rapports sexuels» ou même «en faisant pipi». Et puis bien sûr à l’accouchement. Elle-même a eu des «complications» lorsqu’elle a donné naissance à son petit garçon en 2013. C’est sans doute ce qui a précipité son passage à l’acte. Sa maman n’était pas particulièrement favorable à son engagement. «Elle me disait qu’il y avait déjà plein d’associations qui le faisaient, sans réel succès.» Mais aujourd’hui elle constate ses bienfaits, et reconnaît que «c’est bien d’informer les gens».

Si les trois sœurs d’Anita ne sont pas engagées dans ce combat, elles sont également contre l’excision, et leurs filles ne sont pas mutilées. «Quand j’irai en Guinée avec mes nièces, personne n'ira les exciser», pense la jeune femme, rappelant toutefois qu’il faut toujours rester vigilante. «Vous savez, les excisions se pratiquent souvent à l’insu des parents. Elles sont minutieusement organisées, planifiées. Ensuite, les filles n’ont pas le droit de sortir de la maison pendant environ un mois.» Un tabou qui se perpétue, de génération en génération, sans qu’il y ait de fondement justifié pour le faire…

Najat Vallaud-Belkacem a répondu à leur pétition


D’où le nom de la pétition lancée avec son amie, «Brisons le tabou, parlons-en à l’école». «Binta Diallo a initié cette pétition, nous a raconté Anita. Nous nous sommes rencontrées en 2010 pendant l’élection de Miss Guinée France, organisée par l’Association des jeunes Guinéens de France, et remportée par Binta. Elle m’a contactée pour savoir si je voulais bien me joindre à sa pétition. Nous avons donc uni nos forces –sa notoriété d’ex-Miss Guinée et mon association- pour porter cette cause.» «Ce qu’on veut, c’est inclure ce sujet dans les programmes scolaires, explique-t-elle. Nous savons que c’est ambitieux, mais il est nécessaire d’en faire un sujet fixe et non de se contenter de campagnes de sensibilisation éphémères comme c’est le cas actuellement.»

Incitée par les plus de 103.000 signatures, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a répondu dimanche à leur pétition. Si elle affirme soutenir leur démarche, elle ne fait que lister des actions existantes de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. «Quand nous avons vu sa réponse, nous étions ravie, mais nous avons un peu déchanté car ce n’est pas ce qu’on attendait», nous a confié Anita Traoré. «Les campagnes durent tout au plus une semaine dans chaque lycée, et tous les établissements scolaires ne sont pas concernés, a-t-elle poursuivi. Ça ne suffit pas.» Alors Anita et Binta vont poursuivre leur combat. Afin d’amplifier sa portée, elles ont lancé le hashtag #Brisonsletabou appelant tout le monde à publier sur la page Facebook de l’association une photo avec ce message.
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